« Comment fais-tu pour lire autant ? »

Lorsque l’on me pose cette question en message privé, une seule réponse me vient à l’esprit : “comment faites-vous pour respirer ?”

La lecture s’est frayée un chemin en moi progressivement. Au début, en douceur puis avec violence. Je n’ai pris conscience de ma dépendance que bien tard, durant les dernières années fac. Petite, je lisais sans vraiment y penser. J’y prenais plaisir, c’est vrai. Néanmoins, j’étais loin d’imaginer la passion dévorante qui sommeillait en moi.

Elle s’est imposée à moi sans crier gare. Ma consommation de livres a augmenté de façon exponentielle. Ma Pile À Lire (PAL) est devenue incontrôlable. À cette envie irrépressible de lire s’est ajouté un besoin compulsif d’achat de livres.

J’ai l’impression que la passion se nourrit elle-même. Plus on en a conscience, plus elle devient dévorante. Plus je lis de livres,  plus j’ai envie d’en lire. Et comme lire ne semblait plus me suffire, j’ai songé à l’écriture. Je voulais faire comme mes idoles, ces génies qui dépeignent le monde et nos sentiments.

Enfin, étape ultime de la folie, je songe à écrire un livre un jour. Mon hardiesse n’a pas de limite. Ce sont les livres, ils donnent des ailes.

Revenons à la question de départ. Comment je fais pour lire autant. Je vais tâcher d’y répondre. D’aucuns pensent avoir la solution : je lis vite, c’est évident. Ils veulent mon secret.

Désolée de vous décevoir mais je lis comme une charrette. J’ai cette petite voix intérieure qui répète chaque mot de chaque phrase. Je ne peux pas aller plus vite que la voix. Donc je lis lentement. Je suis lente. Je vous parle de cette voix car certains ne l’ont pas. J’ai connu un homme qui lisait un “Musso” de 300 pages en 2h. Ce genre de personnes existent. Je n’en fais pas partie.

La réponse à la question n’est pas loin de celle évoquée plus haut. Je lis comme je respire. C’est une nécessité. Je lis simplement tout le temps. Cela peut sembler étonnant mais je ne passe que très peu de temps sur les réseaux sociaux. La plupart du temps, j’y vais pour publier du contenu ou répondre à des messages. Et ce n’est qu’à ce moment-là que je consulte rapidement quelques contenus, uniquement ceux de comptes qui m’intéressent.

Je lis donc durant les trajets qui relient mon appartement à mon bureau.  Le soir, après une dure journée de travail, seule la lecture m’apaise et me prépare au sommeil. J’évite les écrans. Ils excitent le cerveau et perturbent l’endormissement. Le week-end est le moment propice pour tirer le meilleur d’un livre en y consacrant plusieurs heures d’affilée.

En somme, on peut dire que la lecture est ma principale occupation en dehors du travail. C’est mon programme par défaut. Elle nourrit mon esprit et élève mon âme. D’elle découle tout le reste, l’écriture, la gestions de mon blog et de mes réseaux sociaux.

Soyez sans craintes, il reste possible d’avoir une vie. Lorsqu’il nous était encore permis d’occuper l’espace public, je « brunchais », j’allais au cinéma et surtout, je parcourais le monde. Aujourd’hui je fais du sport, régulièrement. Je travaille 45 heures par semaine. Je regarde des séries, des documentaires, j’écoute des podcasts, je traîne avec ma moitié et je continue à lire, plus qu’avant d’ailleurs.

Il n’y a pas de secret, lire demande du temps. À vous de définir quelle part de votre existence vous aimeriez lui consacrer.

Avec passion,

Dyna.